Qui remplit les bas de laine de l’Etat de Fribourg? | Tricot et gouvernance

Cinq hommes et deux femmes assis dans une chaise à bascule en train de tricoter des bas de laine pour l’hiver 2045. C’est ainsi que j’imagine le Conseil d’Etat fribourgeois ces derniers temps. Malgré une tentative un peu ringarde de passer pour un gouvernement novateur « à la pointe des Haï-technolodgiiiz » (voir le photo officielle ci-dessous), l’exécutif de mon canton semble de plus en plus chercher à imiter les tons grisonnants de son blason.

La photo officielle du Conseil d’Etat du canton de Fribourg: allez Roger, fais péter l’abo à Photoshop! (Source au 09.01.2018: http://www.fr.ch/ce/fr/pub/index.cfm)

Depuis plusieurs années, le canton de Fribourg peut se vanter de boucler les comptes sur des bénéfices. Visiblement, le gouvernement fait des économies pour « dynamiser son action au niveau de la promotion économique ». D’un côté, c’est plutôt rassurant. D’un autre, je ne sais pas dans quelle mesure cette stratégie attire tant les entreprises du monde entier et je commence sérieusement à me demander ce que l’exécutif compte bien faire de ses précieuses réserves. En tout cas, on sait qui va de plus en plus contribuer à remplir ces chaussettes en laine bien dodues: le personnel de l’Etat et les utilisateurs/trices de certaines infrastructures.

En effet, si le ministre M. Siggen ne démord pas concernant la hausse des taxes qu’il a littéralement imposées aux 10’000 étudiant-e-s de l’Université de Fribourg (certes, avec l’approbation du rectorat), on a l’impression que c’est un peu grâce à ses collègues qui l’ont initiés à cette fameuse boutade d’Alphonse Allais:

« Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres! » (Alphonse Allais)

Ok, on est en Suisse, les pauvres n’existent pas. Enfin, on les range de manière à ne pas les voir (par exemple à Payerne…). Mais le ministre des finances, M. Godel, a compris qu’en ponctionnant une partie du salaire des fonctionnaires de l’Etat de Fribourg, il pourrait réaliser des super économies qu’il s’empresserait d’enfiler dans sa trésorerie. Qu’elles soient pauvres ou riches, peu importe, elles peuvent bien faire un effort ces feignasses! Idem pour la santé: les hôpitaux fribourgeois sont priés de fournir des prestations de qualité en réduisant leurs frais, économies qui touchent en premier… le personnel soignant, dont les conditions de travail se détériorent au rythme des séances de tricotage collectif.

En dépit de manifestations d’une partie des étudiant-e-s et des fonctionnaires, l’Etat de Fribourg pourra probablement continuer de tricoter au chaud pour prévoir des réserves « au cas où ». En effet, au vue des taux de participation dérisoires lors des précédentes élections, les mêmes élu-e-s continueront d’être réélu-e-s par des électeur/trice-s qui semblent rassuré-e-s de voir les bas de laine du canton se remplir de cette façon. A Fribourg, la démocratie est décidément bien ficelée.

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2 Comments

  1. Bravo Oncle Phil ! Je voterai pour toi si tu te présentes 😉
    PS: Dans la citation, « chez les pauvreS » (manque le -s).

    • Merci pour la correction et pour le soutien électoral! Je n’ai pas encore de programme pour le moment (mais ce n’est pas forcément nécessaire pour être élu). Bisous

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